Rêves de jour-01

L’expérience avec le Gamou de Tivaouane était réelle. Récemment, je suis tombée sur une histoire que j’avais écrite en 1996 et tout droit sortie de mon imagination. Je la publie ici puisque nous attendons encore le transfert total de tous les articles du site pour reprendre notre travail. Cela rentre dans la catégorie “Histoires à raconter” que j’aime tant.

Rêves de jour, 06.04.96 16:18

Ils étaient assis au bord de la route sur un tronc d’arbre et attendaient le bus. Il faisait assez chaud. A l’aide d’un brin d’herbe sèche, Léa chatouillait Robert à la nuque et il semblait bien l’apprécier. Il était peu après 11 heures du matin. Léa et Robert étaient arrivés la veille dans ce pays inconnu dont ils avaient rêvé. L’avion les avaient déversés un peu sans ménagement sur le tarmac avec de nombreux touristes de la lointaine Europe. Hieronimus qui devait venir les chercher avait pris un peu de retard parce qu’il avait crevé et devait changer la roue du 4×4. Quand il finit par arriver pour les accueillir avec son grand sourire blanc, ils la ressentirent à nouveau cette joie immense, cette chaleur humaine indescriptible qui leur avait tant manqué ces dernières années dans cette froide Allemagne.

Hieronimus était contremaître à la Ferme des Autruches à quelques 80 km au sud de la ville. Léa et Robert avaient fait sa connaissance en Alsace lorsque Hieronimus avait profité de l’occasion de venir avec son chef Charles-Henri Dupré, invité par le CECAO – Carrefour Économique et Culturel de l’Afrique de l’Ouest à Metz, pour Rêves de jour-01sonder le marché potentiel en Europe pour le steak d’autruche. C’est là qu’ils firent la connaissance d’un producteur de viande de l’Odenwald très intéressé par l’offre de de M. Dupré.

Étant donné que Léa et Hieronimus avaient sympathisé d’emblée, elle lui proposa de passer le week-end avec des amis dans la région de Heidelberg. C’était la première visite de Hieronimus en Europe, il était donc d’autant plus curieux et se réjouissait de cette chance. Léa fêtait son anniversaire ce week-end et Robert, son ami de longue date était également de la partie. Hieronimus et Robert pouvaient passer des heures à parler de l’Afrique, sur les vastes territoires, le sol couleur ocre, les habitants pleins de vie. Léa captait régulièrement des bouts de conversation et avait du mal à se consacrer à ses autres invités, tellement elle était fascinée par les histoires. Le meilleur vint le soir lorsque Hieronismus se mit à jouer sur sa vieille guitare des chansons de son pays. Le ciel avait pris une étrange couleur jaune-rouge. L’air avait des odeurs de foin et de café que Léa venait d’apporter sur la terrasse. Pendant un moment, tout semblait si calme et paisible. Elle ressentait ces moments de manière si intensive qu’elle en était subjuguée. Dans la campagne de l’Odenwald, elle pouvait reprendre des forces après une semaine de travail intense au sein du CECAO à Metz, une semaine riches en nouveautés où son talent d’organisation et d’improvisation était très recherché.

En raison de son amour passionnel pour l’Afrique, en raison de sa volonté de rapprocher les habitants du continent africain et ceux du carré Nord-Est de la France, Sud de la Belgique, Luxembourg et Sud-Ouest de l’Allemagne, avec trois autres personnes, elle avait créé le CECAO trois ans plus tôt. De longs préparatifs avaient été nécessaires, des discussions, des négociations et la recherche de partenaires. Il avait également été nécessaire de se battre contre les éternels endormis et égoïstes.

Léa avait elle-même dessiné le siège de la société, un mélange d’architecture européenne et africaine, un hommage au verre et à la pierre. Elle avait attaqué le projet avec un tel enthousiasme que l’on ne pouvait lui refuser l’aide qu’elle demandait.

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