Retour à Thiès

07-Pour le retour, nous avions également prévu de partir après le déjeuner. Je ne pensais pas que cela allait devenir la même longue attente qu’à l’aller. A 22h, je ne tenais plus en place, mais ne pouvais m’allonger nulle part, tout était pris. Demba, le mari d’une jeune femme avec laquelle j’avais discuté, me proposa de venir m’allonger dans une chambre. Ce n’était pas de refus. Ne pas pouvoir dormir alors que je suis fatiguée est une vraie torture pour moi.

Dans la première chambre dormait un homme, il n’était donc pas convenable d’y faire entrer une femme. Dans la deuxième, il y avait deux grands lits. Dans l’un se trouvait une femme et sur l’autre dormaient deux enfants. Elle me parlait en wolof, je ne compris rien, mais suffisamment pour comprendre qu’elle ne voulait pas que je partage son lit. Je m’allongeais donc à côté de l’un des enfants et finis par m’endormir, tellement j’étais épuisée. A minuit moins le quart, on vint me réveiller que le bus était là. En fait, il s’agissait d’un premier de trois, et bien sûr j’étais prévue dans le troisième ce que je n’avais d’abord pas su. Je ne sais pas pourquoi c’est toujours sur moi que tombe la malchance.

71-Retour à ThièsPour m’occuper, je ciblais les bouteilles et canettes qui traînaient sur la grande place devant la concession et, à petits coups de pied, je les envoyais balader jusqu’au trou d’ordures qui avait été creusé dans le sable pour récupérer nos déchets. En fait, en allant acheter de l’eau la veille, j’avais vu un autre trou bien plus grand sur un autre côté de la concession. Au retour, j’ai risqué un coup d’oeil. Il était assez profond et s’y retrouvaient des déchets alimentaires, mais aussi des canettes, du papier et toutes sortes de plastique. Les archéologues du futur, c’est au Sénégal qu’ils devront chercher les déchets de la civilisation, en Europe, on est en train d’avancer vers le tout recyclé, enfin pour ceux qui sont en avance sur les autres qui pensent toujours encore que la pollution, on arrivera au bout sans rien faire

Au cours de l’après-midi de la veille, je m’étais demandé subitement où était passé tout le sang du veau qu’on venait de manger. On m’a expliqué qu’il avait été enterré. En France, on fait du boudin avec du sang, chez les Massaï, on le boit directement à une veine qui court le long du cou pour se donner de la force et des protéines, mais surtout sans affaiblir l’animal qui est toute la richesse du propriétaire. En fait, quand je donne du sang ou des plaquettes dans ma ville natale, j’ai droit à un repas ou un goûter, et mon sang se régénère en l’espace de deux heures. C’est donc au fond du trou dans lequel j’envoyais les boîtes de Fanta qu’avait coulé le sang de notre veau.

71-Retour à ThièsAvec ce voyage de retour à Thiès se termine ce reportage où nous avons pu faire connaissance avec une autre culture et une autre religion. Pour finir, quelques informations tirées de Wikipedia sur cette spécificité sénégalaise.

Les Tidjane font partie de la confrérie Tijaniyya fondée par Ahmed Tijani en 1782 dans une oasis algérienne. Le Cheikh fondateur est considéré comme le seul véritable maître. Toutefois, dans chaque contrée, on retrouve un guide local considéré comme le calife ou représentant de la voie tijanie. La Tijaniyya est la confrérie musulmane la plus répandue en Afrique. Au Sénégal, Tivaouane reste la ville la plus influente de la Tijaniyya grâce au rôle prépondérant qu’a joué le Cheikh Malick Sy dans la propagation de la tariqa au Sénégal.

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