R05-Urgent: recherche famille d’accueil

Une jeune femme enceinte de près de 9 mois, ne parlant pas français, prévue pour donner naissance à un garçon vers la mi-avril a été placée en hébergement d’urgence dans un hôtel de Strasbourg.

La chambre est belle, la télé fonctionne, mais elle est toute seule, sans personne avec qui parler, échanger, discuter, toute la journée. C’est horrible quand on sait comme les Africains aiment la communauté avec d’autres. Cela fait depuis le début que je suis d’avis que Rosalia devrait être dans un foyer avec d’autres femmes qui attendent un enfant ou qui viennent d’en avoir un. Naïvement, je pensais que le Conseil Général, après l’avoir placée, en hébergement d’urgence dans un hôtel de la ville pour deux semaines, lui aurait trouvé un tel foyer. Mais je dû me rendre à l’évidence qu’il n’en est rien.

Je lance donc, au nom de l’association ICEA – Initiatives Citoyennes Europe-Afrique qui l’aide dans la mesure de ses moyens, un appel sur Strasbourg afin de trouver le plus rapidement possible une femme ou une famille avec un ou des jeunes enfants, qui parle de préférence portugais ou lingala, et qui accepte de l’accueillir chez elle pour l’accompagner jusqu’à la naissance.

M’étant improvisée assistante sociale depuis que j’ai fait la connaissance de Rosalia, je la vois régulièrement et lui ai rendu visite aujourd’hui avec une amie sage-femme qui lui a donné les premières explications concernant la naissance à venir. Je me suis engagée à ne pas l’abandonner jusqu’à ce qu’elle retourne dans son pays en Afrique quelques jours après la naissance. Malheureusement, je ne peux l’héberger chez moi et surtout, je n’ai aucune expérience de naissance, je dois donc m’en remettre à de bonnes volontés extérieures.

La solidarité a bien fonctionné lorsque des jeunes de nombreux pays étaient hébergés à Strasbourg pour la rencontre de Taizé, j’espère qu’elle dure encore. Comme je compte continuer à lui rendre visite et que je ne me déplace qu’à vélo, il serait bon de trouver la personne ou la famille dans la zone Strasbourg ouest, l’association ayant son siège à Eckbolsheim.

Le bien-être avant tout

Tout le monde court après son bonheur personnel, mais le bonheur personnel n’est pas le même pour tout le monde. Cela paraît une évidence trop souvent oubliée. Mais toute personne un tant soit peu sensible peut s’imaginer qu’on n’est pas bien dans un hôtel sans contact humain autre que la réceptionniste ou la femme de ménage quand on est dans le cas de Rosalia. Toute femme qui était seule pour accueillir son premier enfant, sans être entourée, peut également s’imaginer combien sa situation peut être pénible. L’association ICEA n’a pas de maison d’accueil pour un accompagnement spécialisé, mais des membres et sympathisants l’ont accompagnée tous les jours depuis que j’ai fait sa connaissance en lui apportant à manger et en allant la voir pour lui parler.

Hier, Rosalia a déménagé une nouvelle fois, mais cette fois-ci elle est dans une famille avec de jeunes enfants et une femme de sa génération. Elle pourra enfin accéder à un minimum de bien-être et manger des repas chauds qu’elle pourra même cuisiner elle-même comme elle le fait dans son pays. “Même des assassins et criminels en prison ont le droit d’avoir à manger, pourquoi pas moi” me demande-t-elle? “Je ne reviendrai plus jamais en France et je ferai tout pour que mon fils ne vienne pas non plus”.

Du côté des sympathisants qui viennent même d’Allemagne, nous avons déjà réuni un sac plein de vêtements pour nourrissons et un sac qu’elle pourra emporter avec elle pour y ranger les couches et tout ce qu’il faut quand une jeune mère est en déplacement.

La veille, dans un accès de désespoir, j’avais envoyé le message suivant à France 3 Alsace: “Avez-vous, avec votre radio locale, la possibilité de nous aider dans le cas qui nous préoccupe?
Nous cherchons d’urgence une famille d’accueil pour une jeune femme enceinte, pour les détails, je vous remercie de bien vouloir lire, l’article correspondant sur le blog et les précédents. ”

J’avais laissé mon numéro de téléphone et le courriel, mais curieusement je n’ai aucune réponse. A quoi sert un journaliste s’il ne vilipende pas les dysfonctionnements de la société? C’est pitoyable.

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